Il y a ce banc, commet tant d’autres, un peu à l’écart, posé comme par hasard sur une large portion de trottoir.
Un vieux banc en fonte et en bois, patiné par le temps, les averses et les confidences.
Ni trop visible, ni vraiment caché. Il est là, discret, comme s’il attendait qu’on ait besoin de lui.
.Ce banc, je le croise souvent. Et souvent, il est occupé. Par une silhouette pressée qui s’accorde une pause, un adolescent plongé dans son téléphone, ou un retraité qui regarde passer les trams sans vraiment les voir.
Mais aujourd’hui, c’est une femme que j’ai vue.
Seule, immobile, les mains croisées sur un sac cabas. Elle ne semblait ni attendre quelqu’un, ni vouloir partir. Elle regardait droit devant elle, mais sans fixer quoi que ce soit.
Quand je suis repassée plus tard, elle y était encore.
Je me suis demandé ce qu’elle attendait.
Le courage de rentrer chez elle ? Une décision qui tarde à venir ? Ou simplement le silence, parce qu’il y a des journées où parler fatigue plus que tout ?
Le banc ne disait rien. Il la soutenait, c’est tout. Comme il soutient tous ceux qui s’y posent, un instant ou un moment de vie entière.
Et s’il savait, lui ?
